11 agosto 2005

Drouot

Dans les panniers d'osier de la salle des ventes
une gloire déchue des folles années 30
avait mit aux enchères parmi quelques brocantes...

La chanson est impeccable. Il y en a peu de Barbara qui ne le soient pas. Chose troublante cependant, cet accord curieux du verbe "mettre", dont le participe passé aurait dû, en français de tous les jours, se terminer par un "s" et qui, liaison oblige, on ne peut le nier, pour Barbara se termine par un "t".
Miracle de la poésie. Louis Aragon, dans sa préface aux Yeux d'Elsa, aux premières pages du Fou d'Elsa et, bien sûr dans Le traité du style, démontre que le miracle de la poésie réside dans ce à quoi on ne s'attendait pas, dans le fait d'être déçu, c'est à dire découvrir une chose alors qu'on en avait anticipé une autre. Je ne foule pas la syntaxe pour le plaisir, disait-il, je foule la syntaxe parce que la syntaxe est faite pour être foulée. Aragon dresse une liste de "fautes" commises par les meilleurs auteurs, et dont l'effet est ravageusement émotif.
Et, de fait, quel intérêt y aurait-il à chanter "J'suis descendu dans mon jardin pour y cueillir du romarin" ? Le plaisir que l'on éprouve à chanter cette chanson ne provient que du fait qu'on ne dit plus, aujourd'hui "j'ai descendu".
Pouvoir exotique de la chanson. Lynda Lemay enchante les français parce qu'ils entendent des tournues archaïques, qui ne sont archaïques que pour eux. Un chercheur a démontré que le surréalisme de Lautréamont provenait de ce que, né à Montevideo, ce dernier avait recours, écrivant français, à des locutions directement traduites de l'espagnol.
Là où il y a déviance il y a poésie.
Imaginons que lors d'un premier enregistrement, Barbara ait, sans le savoir, commis une faute. Il est peu probable qu'en tant d'années de carrière, un moraliste, un érudit, un gentil ne lui ait pas écrit pour le lui signaler. Il est fort peu probable qu'à un moment donné, on n'ait pas dit à Barbara que le participe de "mettre" s'écrivait avec un "s". Or, d'enregistrement en réenregistrement, de concerts en réorchestrations, la longue dame brune a maintenu ce "t" iconoclaste.
Merci... et chapeau bas.

04 junio 2005

Crónica de un asesino anunciado

El hecho de que Santiago Nasar se cogió a la Angela reposa exclusivamente en la declaración espontánea de ella. Por supuesto, ni el horario de él, ni la condición social de ambos, ni los itinerarios planificados, de él como de ella, hacen que esta versión de los hechos tenga ni una pizca de verosímil. Queda claro que la Angela delató a Santiago para proteger a otro, y se le ocurrió pronunciar su nombre porque le hubiera gustado que fuese él. Pero él no fue.
Entonces: ¿quién se cogió a la Angela? Considerando Crónica de una muerte anunciada como un remake de Fuenteovejuna, yo diría que el pueblo entero. Recordando a Los Hermanos Karamazov, diría que Smerdakov no fue. ¿Entonces quién?
Angela lo dice. Pero lo dice de una manera muy ambigua. "Fue mi autor".
¡ Pucha!
¿Quién sabe qué es un autor?
Una versión inmediata, básica, consistiría en considerar que podría tratarse de su padre (mi autor = el autor de mis días). El problema es que, aunque concebible en la realidad, nada en la novela permite suponerlo.
¿Quién es el enigmático personaje al que Angela llama "mi autor"? A mi parecer, el único "autor" de Angela, su único "creador", es un tal Gabriel García Márquez.
Ufff me dirá Usted, usted está efectuando una transgresión, está metiendo el autor "del otro lado del espejo". No. No lo hago yo. Lo hace él, al apellidar Márquez a uno de los personajes aludidos en la novela.
No quiero volver al estereotipo según el cual un autor siempre pondría la punta de la nariz en lo que escribe. En el caso de García Márquez, la voluntad de "introducirse" en la novela es indudable. Se alude a un Márquez (que hubiera podido apellidarse Hernández, pero no, se llama Márquez).

Yo siempre creí que el que se había tirado a la Angela era el propio García Márquez, partiendo de dos argumentos:
1. No pudo cogérsela otro.
2. El único que pudo matar al viejo Karamazov no era Smerdiakov sino el propio Dostoyevski.

Yo diría que la publicación, casi cuarto de siglo después, de Memoria de mis putas tristes, novela a mi juicio lamentable por cualquier lado que se tome, confirma mi lectura. El viejo de la última novela de GGM cada noche coge virtualmente con una muchachilla.

El hecho de que, 22 años antes, a Angela se le hubiero cogido "su autor" lo confirma.

28 mayo 2005

Un début à tout (journal ex-time)

Il faut un début à tout. Adolescent, je n'ai jamais réussi à tenir un journal intime. Quel est l'avenir de ce blog ? Blog? Pourquoi pas. Le mot n'est pas plus un anglicisme que week-end ou pull-over. Les anglicismes vont, viennent. Qui se rappelle encore qu'il y a quelques décennies il était du plus grand chic de «prendre un drink?». Bien sûr, le mot bloc-notes, parfaitement français (mais au fait est-ce si sûr?) présente un avantage et un inconvénient. L'avantage: il désigne parfaitement la chose. L'inconvénient: l'utiliser serait faire preuve, s'agissant du mien et mauriaquement parlant, d'un manque de modestie qui frôlerait le ridicule. Alors ? alors blog, tout simplement...